NUMÉRO 147 / MAI 10

Le refus du défaitisme

C'est la douche froide. On croyait la crise résolue par la distribution de milliards d'euros au secteur bancaire puis aux États de l'Europe du Sud et de l'Est. Et bien non, le recours à la planche à billets ne suffira pas. Les 750 milliards du plan d'urgence pour la Grèce et les autres pays qu'il faudra bientôt aider nécessitera la mise en œuvre d'un plan draconien d'économies qui, cette fois-ci, n'a rien de virtuel.
Les salaires, les retraites diminueront mais aussi les prestations sociales, les remboursements de sécurité sociale. En Roumanie, c'est le quart des revenus des fonctionnaires et 15% des revenus des retraités qui contribuera à boucher les trous. En Espagne, une saignée analogue se prépare comme un peu partout en Europe. Et si les médias et les responsables politiques font mine de tout découvrir, en désignant comme bouc-émissaire les marchés, la réalité est toute autre. Des fonctionnaires européens depuis plusieurs années travaillaient déjà sur ce type de scénario tout en entretenant sérieusement l'illusion d'une dérégulation sans risque. Triste bilan où chacun se voit brutalement projeter dans un monde irrationnel où on lui annonce le lundi que tout va bien puisque la bourse progresse et le mardi que tout va mal puisque l'euro s'effondre1.
C'est cela le plus dangereux : que chacun se sente dorénavant dramatiquement solitaire pour affronter la vulnérabilité, avec le risque du repli dans le nationalisme et la recherche désespérée du chef. Et même si la situation de la Hongrie, où l'uniforme nazi est arboré sans crainte2, reste exceptionnelle, tout incite aujourd'hui à la vigilance lorsqu'on observe en Italie, en Belgique, ou en Espagne, le triomphe des partis régionalistes fondés sur le rejet des autres...

Editorial

LE MOIS DU SOCIAL
Dorénavant, l'école républicaine produit de l'inégalité • Microcrédit : le doute s'amplifie • Les maisons d'ass' mat' sortent de la clandestinité • Plan de rigueur (aussi) pour les stagiaires • Zus : Fadela Amara peut aussi avoir raison • De tous côtés, haro sur les vieux ! • Mouvements de troupes • Chiffre du mois • Carton vert • Carton rouge

SOCIALEMENT INDISCRET

Actu des régions

Social sans frontières

ENQUÊTE
La crise aura-t-elle raison du cœur ?
Les Restos répondent non

EXPERIENCES
LES BONNES PRATIQUES DU MOIS
Petite enfance : Attention, parents en mouvement !
Adolescents : L'exclusion au profit de l'insertion

L'AUTONOMIE EN ACTIONS
Accueil et orientation des personnes dépendantes et handicapées : À la recherche de la simplicité

Viva-Cité
À Valenciennes, le social c'est d'abord du lien

RSA... EN AVANT TOUTE !
Insertion : L'Ardèche ne baisse pas les bras

DOSSIER
Collectivités locales : La crise peut être cruelle,
mais aussi stimulante

Repères
A bâtons rompus
Invité du mois : Bruno Mattéi
Philosophe, président de l'Université populaire et citoyenne de Roubaix

Fraternité

AGENDA

Le Journal des réseaux

OFFRES D'EMPLOI





Collectivités locales
La crise peut être cruelle, mais aussi stimulante

Afin de poursuivre leurs missions dans un cadre financier de plus en plus contraint, un nombre croissant de conseils généraux font le pari de l'avenir en associant tous les acteurs locaux dans une réflexion sur la restructuration des politiques publiques. La Meurthe-et-Moselle a ainsi engagé un processus sans précédent de consultation de la population pour identifier des pistes de réforme. Et, la démarche semble déjà si prometteuse que d'autres collectivités départementales veulent s'y engager. Il faudra alors veiller à y associer étroitement les villes car celles-ci ne sont pas moins actives dans la mobilisation des intelligences pour mieux agir, comme le montre l'expérience de Bordeaux, qui vient de conclure un processus de concertation engagé depuis plus d'un an. De l'Est à l'Ouest, de la Meurthe-et-Moselle à Bordeaux, les collectivités locales font le choix d'écouter les habitants et les acteurs locaux pour faire de la crise un levier du renouveau.